Les nuits de la Saint-Louis

La photo, un sport de contact ? Oui, au moins pour le tournoi de la Saint-Louis. Côté « off ». Un paroxysme de fête, d'amour, de tradition. L'action de la sécurité, un excès des bars à quai. Nous n'arpentons qu'une poignée de rues, mais les sandales souffrent. Chaleur, foule : l'exercice est intense. Physique, même.

2012
La photo, un sport de contact ? Oui, au moins pour le tournoi de la Saint-Louis. Côté « off ». Pendant ces trois jours de fête, en cette fin août 2012, nous jouons en équipe de onze, catégorie non-pro. Notre terrain de jeu : autour du bassin de joutes. En lisière du « cadre Royal » sétois.
 
Allez, dispersion dans la mêlée des enfants jouteurs trempés, des filles affublées de babioles clignotantes, des ados alcoolisés sur les tubes de l'été. Nos regards en radars, à l'affût des looks, des détails et et des attitudes qui claquent. Stratégie : aborder les passants, les convaincre de jouer leur propre rôle et les transformer en modèles, au contact de notre appareil photo —des numériques mini, ou réflex toutes options, selon –. Ou bien saisir une opportunité de jeu, capter au vol une scène sur le vif. Un paroxysme de fête, d'amour, de tradition. L'action de la sécurité, un excès des bars à quai. Nous n'arpentons qu'une poignée de rues, mais les sandales souffrent. Chaleur, foule : l'exercice est intense. Physique, même.
 
Temps mort : repli, un brin désordonné, vers le QG – la Maison de l'image documentaire, dans l'ancien collège Victor-Hugo. Là nous attend le photographe Gilles Favier himself. sourire en coin. « 80% d'une photo, c'est le re-la-tionnel ! » martèle l'entraîneur. Yeux cernés, voûtés face aux ordinateurs, nous déchargeons nos moissons de photos de la demi-journée, ou de la nuit précédente.
 
Façon gais zombies. Scruter, comparer, s'exclamer, sélectionner. Rire, bavasser, resélectionner. « Soyez plus méchants ! Choisir, c'est souffrir. » Pas d'attachement, trancher dans le vif. Pour pouvoir, enfin, se régaler d'une projection. Et, après un buffet sur le pouce, repartir, pour certains, rôder autour de la finale des « lourds »… Redispersion dans le Grand Sud, retrouvailles dans cette expo collective. Pour certains d'entre-nous, une première. Comme une cerise sur le pavois.
 
Exposition collective en octobre 2012 à la librairie l'Échappée Belle à Sète
 

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